Question sur le redevance audiovisuelle de M. Liebgott

Redevance audiovisuelle

M. Michel Liebgott – Monsieur le Premier ministre, répondant hier à François Hollande, vous avez vous-même admis qu’il y a un problème de pouvoir d’achat en France, ajoutant aussitôt que la réhabilitation de l’impôt ne permettrait pas de le résoudre. Pourtant, vous faites peser des taxes, les « franchises », sur les patients – aux malades de payer pour les malades ! – comme sur 780 000 foyers de personnes de plus de 65 ans exonérées de l’impôt sur le revenu mais désormais soumises à une redevance audiovisuelle dont le montant s’élève à 116 euros ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC).

Pire que l’impôt ! On imagine ce qui attend la majorité des Français après les élections municipales !

En même temps – preuve que vous ne vous souciez que des grosses fortunes –, votre gouvernement rembourse, dans le cadre du bouclier fiscal, 121 millions d’euros à 2 398 contribuables, soit un chèque moyen de 55 000 euros.

Ceux qui travaillent dur, mais aussi la majorité des retraités, qui ont travaillé dur, attendent de nous, socialistes, que nous les défendions. Aussi ne soyez pas surpris si, chaque semaine, nous vous demandons de répondre à nos très concrètes propositions (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC). Oui à des accords salariaux pour un plus grand pouvoir d’achat, oui à un chèque transport financé par les superprofits des compagnies pétrolières, oui à un encadrement des loyers en 2008, car logement et transport absorbent une part essentielle dans le budget des ménages.

Monsieur le Premier ministre, allez-vous étudier ces propositions ? Hier, vous n’avez pas répondu à M. Hollande. Vous vous êtes simplement félicité des profits des entreprises ; mais à qui seront-ils distribués, si ce n’est à une minorité ? Si vous ne répondez pas, nous reviendrons à la charge la semaine prochaine ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR)

Mme Christine Lagarde, ministre de l'économie, des finances et de l’emploi  Le pouvoir d’achat est la principale préoccupation du Président de la République, du Premier ministre et de l’ensemble du Gouvernement (Huées sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR). Je suis heureuse que vous nous rejoigniez sur ce point, si j’en juge par la répétition de vos questions. Je m’en réjouis d’autant plus que, depuis dix ans, les 35 heures démontrent qu’en travaillant moins, il n’est pas possible de gagner plus (Protestations sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR). Nous souhaitons, quant à nous, démontrer qu’en travaillant plus, on peut gagner plus !

Vous avez d’ailleurs la mémoire très sélective, car c’est notre majorité qui a défiscalisé les 35 heures, de même qu’elle a créé un crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt et a supprimé les droits de succession pour 95 % des Français (Même mouvement). C’est aussi notre gouvernement qui, à l’occasion de la conférence sur l’emploi, les revenus et le coût du travail, a décidé d’engager le débat sur la conditionnalité des aides, subordonné à l’ouverture de négociations sur les salaires. Je me réjouis que vous nous rejoigniez aussi là-dessus. Au fond, je n’ai qu’un regret : c’est que vous n’ayez pas voté ces mesures ! (Exclamations sur les bancs du groupe SRC et du groupe GDR ; applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe NC).