A l'approche des élections européennes, l'UMP dévoile son véritable visage

Publié le par Jean Mallot

L'UMP joue un jeu dangereux ces derniers jours, alors qu'est actuellement en discussion au sein de l'Assemblée Nationale la proposition de loi UMP déposée par Jean-Frédéric Poisson faussement intitulée pour « faciliter le maintien et la création d'emploi ».

Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, s'est servi de cette proposition comme d'un véhicule pour déposer un amendement provocateur qui dévoile la vraie nature de la majorité: il faudrait permettre qu'un salarié en congé maladie, accident de travail ou congé de maternité, qui a donc besoin de repos, puisse continuer de travailler de chez lui! Alors que personne jusqu'ici n'avait osé revenir sur ces droits qui ont maintenant plus de cent ans, cette proposition a reçu le soutien du chef de l'UMP Xavier Bertrand. Dans la foulée, le gouvernement s'est prononcé contre cette idée, ajoutant ainsi à la confusion et créant un débat au sein de la majorité.

Cette proposition dangereuse du porte parole de l'UMP cache le véritable fond d'une proposition de loi UMP qui l'est tout autant. Son but est de permettre à toute entreprise quelle que soit sa taille de faire partie d'autant de groupements d'employeurs qu'elle le souhaite contre deux au maximum auparavant. De plus, la clause de solidarité entre les entreprises du groupement auparavant obligatoire, ne s'appliquerait plus. Cette dérèglementation continuelle est la marque d'une politique de droite qui ignore à dessein les effets de la crise sur la situation des salariés et fait peser sur eux tous les risques.

La proposition dite « Poisson » va plus loin encore, en favorisant le prêt de main d'oeuvre à grande échelle. Alors que le caractère non lucratif du prêt de main d'oeuvre était jusqu'ici garanti, les employeurs pourront maintenant emprunter des salariés à bas coût sans encourir le moindre risque. Un véritable marché du prêt de main d'oeuvre, sorte d'intérim au rabais, risque en conséquence de se développer, situation qui serait elle aussi catastrophique pour les droits sociaux.

On voit bien avec ces propositions quel est le vrai visage de la droite: jouer double jeu et faire passer inaperçues des propositions destructrices pour les salariés en proposant des dispositifs pires encore. D'un autre côté, l'UMP avait rejeté sans débat toutes les propositions socialistes pour résoudre la crise, présentées notamment le 30 avril dernier au sein de l'Assemblée Nationale, et se refuse toujours à mettre en place une véritable politique de relance.

Alors que les élections européennes approchent et qu'il est urgent de construire l'Europe Sociale, l'orientation de la majorité apparaît de plus en plus clairement: crise ou pas, la dérégulation et la destruction des droits sociaux restent la pièce maîtresse de sa politique.

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