Les élections sénatoriales

Publié le par Jean Mallot

C’est une victoire encore plus importante que prévu, de la gauche. Mécaniquement, la présence des socialistes dans les collectivités territoriales et la qualité de nos candidats ont permis cette augmentation du nombre de nos élus. Cette victoire a cependant été amplifiée par le mécontentement des territoires, traduit par la voix de nos grands électeurs. C’est à relier à la question que nous venons d’évoquer sur la crise économique profonde et sur les économies que le gouvernement compte réaliser sur le dos des collectivités locales. Ce mécontentement a été l’objet d’un vote sanction pour les candidats de la majorité présidentielle.

Le gouvernement doit entendre le message de ces élections sénatoriales comme la traduction d’un mécontentement de ses grands électeurs mis en perspective par le mécontentement général des Français.

Un mot sur la réforme du mode de scrutin que nous demandons. Il y a une nécessité de la réforme du scrutin des élections sénatoriales. Jusqu’à présent, le Sénat est renouvelable par tiers. Le Parti socialiste et la gauche dans son ensemble ont gagné chacun les trois tiers. C’est-à-dire que nous avons régulièrement progressé en gagnant cette élection, comme il y a trois ans et encore précédemment et pour autant alors que les nouveaux élus de gauche ne sont pas encore arrivés, le seul débat qui anime la majorité de droite est celui de la présidence pour choisir qui sera le deuxième personnage de l’État. Il y a là une nécessité d’une profonde réforme du scrutin qui ne représente plus les collectivités territoriales dans la réalité de ce qu’elles sont. Avec ce mode de scrutin injuste, apparaît un mode de scrutin anti-démocratique dans le sens où il ne permet pas l’alternance sans offrir une juste représentation des collectivités territoriales. Il faut que le Sénat soit élu par un corps réellement démocratique, ce qui n’est pas le cas du mode de scrutin actuel.

Profitons de cette analyse pour évoquer les blocages démocratiques liés au redécoupage électoral où nous souhaitons que la méthode soit totalement différente. Il faut que le gouvernement fasse la transparence sur les critères qui vont présider au redécoupage électoral. Il est malsain que le ministre en charge du dossier (monsieur MARLEIX) ait rencontré la quasi totalité des députés de droite aujourd’hui et ceux de gauche demain pour entretenir des relations bilatérales sans qu’il puisse y avoir de façon publique de critères donnés sur les modalités qui vont présider à ce redécoupage. Les modalités techniques du redécoupage, les tranches fixées par le résultat du recensement, tout ceci ne peut se faire que sur la base d’une information donnée à tous les responsables politiques et à tous les citoyens, sur les chiffres qui seront fournis. Nous remettons en cause l’opacité dans laquelle commence cette réflexion. Et nous souhaitons que le ministre à côté des consultations des parlementaires, rende public tous les critères que dans n’importe quelle démocratie, on mettrait sur la table avant d’engager le débat.

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