Echec des heures supplémentaires, malgré les annonces gouvernementales

Publié le par Jean Mallot

L’autosatisfaction dont vient à nouveau de faire preuve la ministre de l’Économie concernant le bilan des heures supplémentaires défiscalisées ne résiste pas à l’analyse et se révèle totalement déplacée.

 

Alors que la croissance du PIB a reculé de 0,3% au deuxième trimestre, que 12.200 emplois ont été détruits dans le secteur marchand sur la même période, dont 11.600 dans l’industrie, et que le chômage est même reparti à la hausse cet été, le gouvernement se targue d’une augmentation du nombre total d’heures supplémentaires réalisées.

Comment expliquer l’augmentation du volant d’heures supplémentaires dans un tel contexte de ralentissement de la croissance et de l’emploi ?

Trois principaux facteurs expliquent cette situation en apparence paradoxale :

  • un recul de la sous-déclaration des heures supplémentaires effectuées, les entreprises ayant désormais intérêt à les déclarer ;
  • un effet d’aubaine pour les entreprises, qui sont incitées à sous-déclarer le temps de travail de leurs salariés et à payer le complément en heures supplémentaires ;
  • une incitation des entreprises à recourir aux heures supplémentaires plutôt qu’à des embauches, ce que confirme la remontée du chômage ces derniers mois.

Dans tous les cas, la hausse du volume des heures supplémentaires ne se traduit ni par une augmentation du nombre total d’heures travaillées, ni par une augmentation du pouvoir d’achat des salariés, qui a contraire baissé de 0,5 % sur la dernière année.

En outre, le développement de la sous-déclaration du temps de travail et la multiplication des heures supplémentaires fictives engendrent un grave risque de dérapage des finances publiques et de précarisation des salariés.

Dans un tel contexte de crise économique et sociale, laisser penser aux Français que leur situation s’améliore est à la fois inexact, bien peu responsable, et pour tout dire assez ridicule

Commenter cet article