Comptes publics : la vérité dévoilée, la rigueur au tournant

Publié le par Jean Mallot

L’INSEE a levé aujourd’hui le voile sur la situation des finances publiques françaises en 2007 : croissance en baisse, déficits publics en hausse, dette abyssale. Pour le gouvernement, il s’agit d’une véritable « douche froide », puisqu’il avait annoncé l’inverse. La réalité, c’est donc :

·  un déficit public en hausse pour la première fois depuis quatre ans (+ 0,3 % de PIB). Il atteint 2,7% du PIB, soit 5,5 milliards d’euros de plus qu’annoncés et 7,7 milliards d’euros de plus que l’an dernier ;

·  une dette qui s’envole (+ 0,6 % de PIB). En valeur, elle bondit de 60 milliards d’euros, soit 5 milliards d’euros par mois. Cette dégradation est d’autant plus grave qu’elle s’opère au moment où les taux d’intérêt s’envolent, ce qui accroît la charge de la dette (+ 12,2% en deux ans) et réduit d’autant nos marges de manoeuvre.

 

Ce dérapage était prévisible, puisque le gouvernement n’a pas réussi à réduire les déficits sociaux et a accéléré son désengagement financier à l’égard de collectivités territoriales, dont les comptes étaient déjà fragilisés par les conséquences d’une décentralisation qui leur transfert de dépenses plus dynamiques que les recettes afférentes.

 

Le gouvernement doit admettre qu’il a eu tort d’attaquer aussi violement les prévisions de la Commission Européenne et du Parti socialiste, … qui se sont révélées exactes, qu’il s’agisse du niveau des déficits, de la dette ou encore de la croissance. Les annonces péremptoires du Président de la République et du gouvernement affaiblissent la parole de la France à la veille de la présidence Française de l’Union Européenne;

 

Alors que les Français, après les scrutins de mars, ont exprimé leur volonté d’un changement de politique économique et sociale, le gouvernement –maintenant son cap- conduit inévitablement la France à un plan de rigueur de 20 milliards d’euros.

 

Pour le Parti socialiste, la rigueur n’est pas une fatalité mais un choix. Le Parti socialiste demande donc une nouvelle fois l’annulation du paquet fiscal, préalable incontournable pour dégager les marges de manœuvres nécessaires au financement :

·       de mesures en faveur du pouvoir d’achat : baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, réduction des taxes pesant sur les carburants, hausse de 50% de la Prime pour l’Emploi, adoption d’un plan de rattrapage des traitements dans la fonction publique, revalorisation immédiate de 5% pour toutes les petites retraites, généralisation du chèque transport ;

·      de la restauration de la compétitivité en profondeur de nos entreprises : refonte des aides aux entreprises pour mettre en place une fiscalité sur mesure en direction des PME exportatrices ou innovantes, modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction de l’investissement des entreprises, hausse de l’effort budgétaire en direction de la recherche, de l’innovation et de l’enseignement supérieur.

Publié dans A l'assemblée

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